Colóquio internacional Educação e Justiça Social

Curitiba, 6 a 9 de maio de 2014

Pontifícia Universidade Católica do Paraná

(Núcleo de Direitos Humanos, Programa de Pós-Graduação em Educação e Curso de Ciências Sociais)

Universidade Nova de Lisboa, FCSH

(CesNova, Centro de estudos de Sociologia)

Université de Fribourg

(Chaire Francophone de Travail Social et Politiques Sociales)

Présentation

C’est avec plaisir que nous invitons le grand public, le monde académique et social à partager une réflexion sur un des plus importants sujets contemporains, l’éducation et la justice sociale, dans le cadre du Colloque International Éducation et Justice Sociale, qui aura lieu du 06 au 09 mai 2014, à la Pontifícia Universidade Católica do Paraná – PUCPR ‑ à Curitiba, Brésil.

Le Colloque International Éducation et Justice Sociale mobilise des travaux de chercheurs du CR 30 de l´Association Internationale des Sociologues de Langue Française – AISLF, qui cherchent, dans la prolongation d´initiatives précédentes, à enrichir leur problématique de recherche avec les contributions de chercheurs brésiliens et latino-américains. Ce colloque est organisé, en collaboration, par le Centre pour les Droits de l’Homme, le Département d’Études approfondies en Éducation et le Département de Sciences sociales de la Pontifícia Universidade Católica do Paraná, ainsi que par le CesNova, Centro de Estudos de Sociologia de l’Universidade Nova de Lisboa, et la Chaire Francophone de Travail Social et Politiques Sociales de l’Université de Fribourg, Suisse.

Sur le plan des principes, la justice et l’éducation, quelles que soient les modalités de leur association, constituent deux institutions clés dans la construction des sociétés contemporaines. Bien sûr, ces différents modes d’association sont étroitement liés au projet de société que l’on cherche à promouvoir. Cette question mérite d’être mieux clarifiée en tenant compte, d’une part, des différentes modulations de la justice face aux divers niveaux et types de droits et de devoirs, aux inégalités et aux investissements sociaux des citoyens et, d’autre part, des différents enjeux de l’éducation, en lien à des finalités plus centrées sur l’intérêt général, sur l’expression des singularités individuelles ou sur les intérêts de groupes particuliers.

Prérogatives par excellence de l’État, les débats sur la justice et sur l’éducation ou sur la justice dans l’enseignement ou sur l’éducation pour la justice, se répercutent dans les politiques publiques lorsque la conflictualité des positions ou une visée stratégique rendent nécessaire le partage de certaines responsabilités de l’État avec d’autres acteurs. Quels sont alors les modèles significatifs de l’État et comment les politiques publiques ayant un impact sur l’éducation répondent-elles aux immenses défis des inégalités et aux obstacles que celles-ci imposent au maintien de la cohésion sociale? À moins que les idéaux de la cohésion et de l’égalité ne soient remplacés par un système de référence où les inégalités sont nécessaires – à travers, par exemple, le renforcement des élites ou la formation d’une main-d’œuvre instrumentalisée ‑ en vue d’assurer la position d’un pays dans le marché globalisé. Cependant, la situation actuelle, où se démultiplient les voies qui conduisent à la non-intégration de groupes de plus en plus importants de la population, indique la nécessité d’un débat plus approfondi sur les modalités de préservation de la cohésion sociale, sur le rôle assigné à l’État et aux citoyens et, par conséquent, sur les bases d’un nouveau contrat social, capable de rejeter des logiques, plus ou moins latentes des politiques publiques actuelles, de naturalisation des problèmes sociaux et de responsabilisation individuelle.

Sur un autre plan, on peut se demander dans quelle mesure l’attention privilégiée, et dans la plupart des cas à visée à peine palliative, que les politiques publiques actuelles portent aux groupes défavorisés, ne risque pas de se constituer, d’une certaine manière, en une forme de légitimation de la différenciation entre les individus, si elle n’est pas correctement accompagnée d’une politique plus structurelle axée sur les causes des problèmes et faisant appel à un sens renouvelé du bien commun. La difficulté se situe sur les modalités et le contenu d’un accord sur ce qui pourrait être ce nouveau bien commun; une difficulté qui augmente en raison de la non-stabilisation des engagements entre les différents principes de justice, comme pour l’égalité des chances et son appareil statistique. Les politiques de discrimination positive et de « représentativité » des groupes socio-économique et politiquement défavorisés, doivent également être interrogées en raison des paradoxes qu’elles soulèvent. Par exemple, l’importance croissante de ce qu’Anne Phillips (1995) appelle la « politique de présence » est due, à son avis, à la possibilité qu’elle offre de changer l’agenda politique et d’intégrer des exigences de reconnaissance qui permettent de déclencher des processus de redistribution. Toutefois, la présence et l’orientation vers des groupes particuliers, dans le domaine politique, sont souvent purement symboliques, ne traduisant pas un réel engagement qui donnerait du pouvoir à ces groupes pour qu’ils puissent avoir une participation effective.

Une réflexion sur la justice sociale et l’éducation exige aussi un questionnement sur la façon de parvenir à la liberté substantielle pour tous les citoyens, ce qu’implique l’existence d’un véritable choix et non pas des “pseudo-choix” conditionnés par la faim, le besoin de préserver un emploi ou l’obligation de recevoir des aides sociales en échange.

Les thèmes de l’éducation et de la justice sociale se posent de nouveau à un moment où de multiples dynamiques produisent de nouvelles exigences et sont source de débats importants pour nos sociétés.

À travers des conférences et l’activité de groupes de travail, nous proposons le développement des axes thématiques suivants: l’éducation et  ; les nouveaux registres de l’action publique ;L’éducation et la justice sociale; Promotion et pédagogie de la justice sociale devant des inégalités; L’action publique et  nouvelles luttes sociales;L´État et les pratiques novatrices.